Trottinettes, les défis qui attendent les start-up du "Free-floating"

Risque Sociétal

Arrivées en 2018, les Start Up telles que Lime, Flash, Voi, Dott ou encore Jump déploient une offre de micro-mobilité de trottinettes en « Free floating » qui semble faire l’objet d’une forte défiance voire même d’un rejet, politique et citoyen.

Elles doivent aujourd’hui relever le défi de l’Acceptabilité sociale et devenir actrices du territoire. Au risque de voir leur modèle fortement remis en cause si ce n’est exclu de l’offre de mobilité des villes concernées. En particulier Paris ou Lyon.

Comment expliquer cette situation alors que ce mode de déplacement semble à première vue répondre aux enjeux de la mobilité durable ? Les trottinettes étant électriques et en libre-service, elles répondent en effet à la demande de transports propres à haut niveau d’accessibilité, mais cela ne semble pas suffire. Les exemples de rejet se multiplient et l’on observe même des actions de boycott et de blocage comme celles de Lyon par exemple.

Le territoire est un système complexe dans lequel il s’avère difficile de s’intégrer.

On ne peut pas dissocier ses dimensions économiques, politiques, écologiques et sociales.

Bien que considérée par 65% des Français (Laboratoire de la mobilité inclusive) comme « une composante capitale de la qualité de vie quotidienne », la mobilité n’est pas une problématique individuelle. Elle structure les territoires et il s’agit d’un objet de la politique publique. Elle fait en quelque sorte partie du Bien commun des territoires et ne saurait être réduite à un simple marché.

On attend donc des acteurs de ce quasi-marché qu’ils intègrent les enjeux locaux et qu’ils deviennent des acteurs du territoire à part entière.

Les Start-up déployant des trottinettes en « Free floating » sont dans ce cas et en particulier à Paris.

On peut d’ores et déjà esquisser quelques pistes de réflexion.

Un nouveau modèle de mobilité reste à inventer

et les opérateurs vont devoir faire émerger des solutions incluant un grand nombre de parties prenantes.

Il s’agit de définir l’offre, son volume mais également son mode de régulation économique et social tout en résolvant les conflits d’usage sans oublier la sécurité de l’ensemble des usagers de l’espace public (piétons, cyclistes, automobilistes et riverains des zones de stationnement). Autant de défis que les nouveaux entrants ne peuvent laisser de côté. Défis que la mairie de Paris tente de relever, notamment au travers de sa charte et de l’annonce d’un appel d’offre.

Les opérateurs sont attendus sur ces points précis. La sécurité, le respect des riverains et le modèle économique. Autant de problématiques que l’on ne peut régler seul et qui impliquent de se positionner comme acteur du territoire et non plus comme acteur d’un marché. Cela passe en partie par la co-construction des solutions et donc par la mise en œuvre d’espaces de dialogue inclusifs, impliquant directement les citoyens.

A moins d’un an des élections municipales le défis est de taille. S’il n’est pas relevé, la prochaine équipe municipale pourrait bien tout remettre en cause.

Igor Salomon

Créateur de sens - Acceptabilité sociale - Développement local

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